Référencement : La fin des annuaires ? Certainement pas !

En 2011, pour beaucoup de référenceurs, les annuaires web sont morts, à savoir ignorés des moteurs de recherche et n’apportant pas la visibilité nécessaire à un site pour profiter d’une audience qualifiée pouvant justifier le retour sur investissement de la mise en œuvre d’une telle stratégie. Avant d’entrevoir un cas précis, revenons rapidement sur l’histoire des annuaires web, et en particulier de Yahoo!, le plus connu d’entre eux,

Logo de l'entreprise Internet Yahoo!

Ayant débuté comme simple annuaire web personnel, l'entreprise Yahoo! édite un réseau de sites Internet parmi les plus visités au monde

1994 : Yahoo! est un annuaire web édité à la main

À ses origines, et cela remonte à 1994, Yahoo! a été un annuaire personnel, édité à la main où deux étudiants notaient les liens vers leurs sites favoris. C’était l’époque où les moteurs de recherche étaient quasi inexistants, et où leurs performances, d’un point de vue de la qualité des résultats fournis, étaient pour le moins aléatoires. Dans les années 1990, les annuaires régnaient ainsi en maîtres sur le web, en parallèle des web rings, aujourd’hui disparus. Accessibles via des catégories hiérarchisées, encore d’actualité sur l’annuaire Dmoz, les sites étaient visités et décrits manuellement pour permettre aux Internautes de trouver leur bonheur.

1998 : le moteur de recherche Google arrive et détrône la concurrence

Cependant, le monde a rapidement évolué. Lycos et Altavista, notamment, ont proposé des résultats de recherche automatiques tout à fait pertinents. En 1998, Google a largement innové avec son algorithme PageRank introduisant le poids des liens entre les pages pour déterminer la pertinence de celles-ci, réduisant sensiblement le spam des résultats de recherche qui plombait d’innombrables pages de ses concurrents.

2004 : Yahoo! développe son propre moteur de recherche

Pour faire face à cette concurrence à la croissance rapide, en 2002, Yahoo! a acheté Inktomi, une société éditrice de solutions de recherches documentaires, dont des recherches en ligne et hors ligne, puis a développé, en 2004 son propre moteur de recherche, entièrement réalisé en interne. La notion d’annuaire a même totalement disparu de certains portails nationaux de Yahoo!, dont la version française, malgré un anachronisme assumé par la version américaine où un annuaire web subsiste.

2008 : Yahoo! décline, abandonnant annuaire et recherche en ligne

Cependant, depuis la proposition de rachat inamical de Yahoo! faite par Microsoft en 2008, puis la nomination de Carol Bartz à la tête de l’entreprise, et en particulier l’accord entre les deux sociétés où Microsoft fournirait sa technologie de recherche web à Yahoo! validé en 2010, Yahoo!, Yahoo! ne peut plus être considéré comme un moteur de recherche non plus, devenant un portail aux moult facettes et à l’avenir incertain, annonçant tantôt des licenciements, tantôt la vente de certaines de ses branches.

Bref, l’annuaire le plus emblématique du web n’est plus, et l’entreprise, dont le réseau de sites reste pourtant parmi les plus visités au monde, l’audience française, restant elle aussi des plus intéressantes, a perdu de son sex appeal.

2011 : Les annuaires sont-ils morts ?

Si, en 2011, peu d’Internautes consultent les annuaires, ceux-ci ayant été abandonnés au profit des moteurs de recherche, Google en tête, ils n’en restent pas moins consultés par des irréductibles, et restent une source de liens toujours d’actualité, exploités par les référenceurs qui les alimentent en contenus.

En effet, depuis Google, en particulier, les liens sont devenus parmi les plus gros facteurs de référencement externe d’un site web, à savoir que, sans entrer dans les détails, celui de deux sites traitant d’une même thématique qui a le plus de liens qui apparaît en premier dans les résultats de recherche. Aussi, obtenir des liens en quantité, en plus de leur qualité et diversité, permet d’améliorer l’audience qualifiée d’un site web. Pour autant, les liens issus d’annuaires sont-ils réellement pertinents dans un stratégie de netlinking efficace, consistant à créer un réseau de liens externes visant à améliorer le positionnement d’un site dans les résultats de recherche ?

Référencement d’un mini-site sur les annuaires

Petit Nuage travaille régulièrement avec des confrères dans le cadre de missions en référencement naturel, et notamment avec un confrère avec lequel nos efforts communs sont partagés au profit de nos clients de manière à ce que chacun apporte son savoir faire là où il est le plus efficace.

Parmi nos stratégies communes régulièrement mises en œuvre, il y en a une qui consiste à créer un site web traitant de la thématique de notre client en référencement naturel, puis à référencer ce site, en complément de celui de notre client. Il ne s’agit pas de sites satellites, proscrits par les conseils des moteurs de recherche, en cela que nos sites vivent une vie totalement indépendante du site du client, et survivent à notre mission. Pour autant, ces sites thématiques favorisent la visibilité de nos réseaux web respectifs, ainsi que les pages de nos clients, le cas échéant. En parallèle, mon confrère référence les sites liés à notre mission à l’aide d’annuaires web, ce qui privilégie les pages d’accueil et les thématiques générales, alors que je me charge des communiqués de presse optimisés pour du référencement naturel pour promouvoir les pages profondes et les mots-clefs précis.

Des résultats impressionnants

Et c’est là que, très récemment, mon confrère et sa stratégie de netlinking à base d’annuaires m’a bluffé. Jugez-en par vous-mêmes :

  • 27 janvier : achat du nom de domaine ;
  • 28 janvier : mise en ligne du site (minimaliste) ;
  • 29 janvier : soumission aux annuaires ;
  • 30 janvier : soumission aux annuaires (suite) ;
  • 31 janvier : apparition du site sur le mot-clef visé en deuxième page de résultats de Google ;
  • 1er février : apparition du site en première page.

Durant le même laps de temps, je n’ai eu le temps que de mettre en ligne le site et son contenu, un peu plus étoffé, il est vrai.

2011 : les annuaires toujours vivants !

Comme quoi, en 2011, il est parfaitement possible de baser une stratégie de référencement off-site sur les annuaires web. Encore faut-il savoir choisir les annuaires les plus influents, les plus adaptés, et utiliser une méthodologie et des outils adaptés à cette démarche pour un retour sur investissement positif.


Commentaires

4 réactions to Référencement : La fin des annuaires ? Certainement pas !:

  • Philippe@Référencement sites Normandie

    Philippe@Référencement sites Normandie a réagi le 18 mars 2011 à 11 h 50 min :

    Ouaip ouaip.. et encore un ouaip.
    Se projeter ainsi dans des prospectives et dire que « en 2011, il est parfaitement possible de baser une stratégie de référencement off-site sur les annuaires web » c’est téméraire.
    Pour moi, les sites de CP et d’annuaires sont condamnés par Google…
    je vais recopier un commentaire qui est en modération chez Ramenos pour expliquer mon point de vue, si tu me le permets :

    Google est en lutte concurrentielle avec Bing/Yahoo: ainsi que les réseaux sociaux. Son point de faiblesse et en même temps sa force c’est son index. Celui-ci est spammé depuis des années: il perd en pertinence et en crédibilité. Il lui faut donc le curer.
    Or les annuaires et les sites de CP viennent le polluer (je parle ici de son point de vue) en faisant l’écho seul de l’information qui est déjà présente chez l’éditeur qui publie cette fiche ou ce CP.
    Pour Google ça n’a aucun intérêt de doublonner des résultats et pire, ça lui faire de l’argent du fait que ceux-ci ne sont que très souvent des MFA.
    Il lui faut donc trier le bon grain de l’ivraie : si le contenu est cité par un site d’« autorité » qui reproduit les liens, celui-ci sera jugé utile et les liens seront alors pris en compte.

    Tout cela participe à un « nettoyage » global de son index pour plus de confiance dans la relation entre l’« usager » de Google et le moteur.
    Et, de mon point de vue, c’est une très bonne chose : ça fait des années que les référenceurs jouent avec Google ; ça fait des années que des BH le violente ; ça fait des années que des gamins pognonphiles polluent le Web avec leur MFA.

    Google a sifflé la fin de la récré. Certains vont devoir rentrer en cours et s’appliquer à apprendre à travailler correctement pour le bénéfice de tout le Web.

    Okay : je n’y vais pas avec le dos de la cuillère (mais plutôt à la louche) et ça peut paraître un chouïa péremptoire. Mais quand les effets de Panda se feront ressentir sur l’indexation de ces sites et le positionnement de leurs pages, on en reparlera. ;-)


  • Daniel Roch

    Daniel Roch a réagi le 18 mars 2011 à 15 h 59 min :

    A mon avis, les annuaires ne sont pas morts, tout comme les sites de communiqués de presse ou les digglike.

    Après, c’est surtout le contenu de la fiche dans l’annuaire, et la qualité globale de celui-ci qui va influer sur l’intérêt de l’annuaire en référencement naturel.

    Ces fausses annonces sont décidément récurrentes dans le monde du SEO…


  • Martin (Petit Nuage)

    Martin (Petit Nuage) a réagi le 18 mars 2011 à 22 h 29 min :

    @Philippe : J’en conviens, les annuaires et les sites de communiqués de presse sont probablement condamnés, à terme, dans les résultats de recherche des moteurs, Google en tête, puisque c’est le seul qui nous intéresse, vu que Yahoo! n’est plus officiellement un moteur de recherche, et que Bing, malgré ses prétentions, n’arrive pas à décoller.

    Oui, donc, on peut penser que véhiculer la même chose reformulé autrement, que cela soit via la présentation d’un site sur un annuaire ou via un communiqué ou article officiel, n’est pas forcément ce que Google souhaite promouvoir en priorité. Pour autant, les annuaires web existent depuis Yahoo!, soit près de 20 ans, et continuent, même en 2011, d’avoir un impact sur le référencement. Je vois difficilement pourquoi leur poids disparaîtrait du jour au lendemain, alors que, comme l’illustre l’exemple de l’article, les annuaires permettent bel et bien de rendre un site visible dans les résultats de recherche en janvier et en février 2011. Je peux témoigner de cette réalité encore en mars sur un autre site.

    Mais référençons-nous aujourd’hui pour l’avenir, ou le présent ? Ce que nous vendons à nos clients, en matière de référencement naturel, c’est une vision de ce que le web sera, ou une vision de ce que le web devrait être, ou bien l’augmentation de l’audience qualifiée des sites de nos clients sur les court et moyen termes ?

    Aujourd’hui, en 2011, donc, les annuaires web, notamment, ont une influence sur le référencement, et sont utilisés avec succès dans une stratégie de netlinking. Que ce soit bien ou mal n’a aucune importance. Cela reste une démarche cohérente, viable, et conforme aux conseils pour les webmasters des moteurs de recherche. Certes, ce n’est pas forcément la voie à adopter pour tous les sites, ni même la voie la plus sexy qui soit. C’est juste une voie pratique et efficace. Point.

    Alors oui, Google a fait beaucoup d’annonces, mais… aucune ne concerne spécifiquement les annuaires, même si, je n’en doute pas, ces sites souvent sans intérêt n’ont qu’une durée de vie très incertaine. Tout le monde connaît l’annuaire DMoz, connu pour avoir du poids en matière de référencement. Qui diable se souvient-il l’avoir vu dans un quelconque résultat de recherche ? Pas moi. Et pourtant. Lui ou des milliers d’autres annuaires similaires ou non, malgré leur absence de la première page, malgré leur intérêt douteux, malgré un avenir compromis, permettent à un site quelconque, tout récent, de se positionner rapidement sur une requête relativement concurrentielle. Cela ne veut pas dire que ce soit la meilleure méthode, que ce soit la moins chère, la plus rapide, ou la plus pérenne, mais c’est une méthode — parmi d’autres — qui marche.

    @Daniel Roch : En effet, le référencement naturel, tout comme d’autres domaines, est plein de mythes, alimentés par des idéologies, des convictions, des croyances, et finalement assez peu de concret. Pour autant, est-ce bien grave ? Quand on parle des techniques employées dans un métier, on parle bien de l’état de l’art de ce domaine, à savoir que l’on admet un certain flou artistique, et cela même de la part des spécialistes. Et ce flou permet d’innover, de trouver des solutions originales, améliorer celles qui existent, sur la base de mythes, d’idéologies, de convictions, de croyances. La rigueur scientifique n’est pas la seule voie pour l’innovation et la réussite. Des voies alternatives existent.


  • c0c0t3seo

    c0c0t3seo a réagi le 8 avril 2011 à 23 h 40 min :

    1. Je pense que bien que google en dise, les fermiers du web qui sème de l’adsense, donc de l’adwords, rapportent beaucoup.
    Alors pourquoi déboulonner les bonnes MFA, certaines sont super efficaces et bien souvent, cela permet de regrouper plein d’infos utiles en même temps…

    2. Comme notre nouvel ami Panda saura détecter les MFA, gg sait très certainement déjà les repérer, et je pense qu’il peut trouver toutes les linkwheel, toutes les pyramides, toutes les linkfarm… C’est juste que cela l’arrnage dans une certaine mesure qu’ils soient là.

    3. Les annuaires, les CP, etc… Je suis sûr et j’espère que gg s’en sert pour s’en indexation, ca evite un sacré travail de crawl et de savant calcul. gg n’est rien d’autres qu’un super annuaire amélioré.